🌸 Endométriose : comprendre la maladie, les douleurs et la place de l’ostéopathie
L’endométriose concerne environ une femme sur dix. Ses manifestations sont extrêmement variables en fonction de l’importance et de la localisation des lésions endométriosiques : des douleurs pelviennes pendant ou en dehors des règles (l’endométriose génère des douleurs chroniques invalidantes dans 70% des cas), des troubles digestifs, des troubles urinaires, des symptômes plus diffus et en dehors de la cavité pelvienne, des difficultés à concevoir…
Mieux connaître l’endométriose permet de mieux en repérer certains signes, mais aussi de comprendre pourquoi sa prise en charge est souvent globale et pluridisciplinaire.
Qu’est-ce que l’endométriose ?
L’endométriose se caractérise par la présence, en dehors de la cavité utérine, de tissus présentant des caractéristiques semblables à celles de l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus.
Ces lésions peuvent notamment se situer au niveau du péritoine, des ovaires, de l’utérus, des ligaments entourant l’utérus, de la vessie, des uretères, du rectum, du côlon, de la paroi de l’abdomen, des cicatrices, du diaphragme, des poumons...
La maladie est œstrogéno-dépendante et inflammatoire. Elle peut également s’accompagner de phénomènes de fibrose et d’adhérences.
Des symptômes très variables
La douleur constitue l’un des principaux symptômes de l’endométriose, mais son intensité n’est pas nécessairement proportionnelle à l’étendue des lésions. Parmi les symptômes qui peuvent être rencontrés figurent notamment :
des règles très douloureuses (dysménorrhées) ;
des douleurs pelviennes, cycliques ou chroniques ;
des douleurs pendant ou après les rapports sexuels (dyspareunies) ;
des douleurs lors de la défécation ;
des troubles digestifs : ballonnements, constipation, diarrhée, alternance des deux ;
certains troubles urinaires ;
des douleurs lombaires ou des douleurs irradiant parfois vers une jambe ;
une fatigue importante ou chronique ;
des difficultés à concevoir.
Principaux symptômes de l’endométriose et comorbidités fréquentes
Toutes les douleurs menstruelles ne signifient évidemment pas qu’il existe une endométriose. En revanche, des règles qui entraînent des douleurs intenses, résistent aux antalgiques habituels ou empêchent régulièrement d’aller travailler, d'étudier ou de mener ses activités quotidiennes méritent d’être prises au sérieux et d’être évoquées avec un professionnel de santé.
Endométriose et douleur : une relation plus complexe qu’il n’y paraît
Dans l’endométriose, la douleur ne dépend pas uniquement de la présence ou de la taille des lésions.
Plusieurs mécanismes peuvent intervenir simultanément : inflammation, adhérences et fibrose, sollicitations des tissus environnants, atteinte ou irritation de structures nerveuses, mais également modifications progressives des mécanismes de perception de la douleur lorsque celle-ci devient chronique. Au fil du temps, le système nerveux peut en effet devenir plus sensible aux informations douloureuses. Cela contribue à expliquer pourquoi certaines douleurs peuvent persister, s’étendre ou devenir moins directement corrélées aux lésions observées à l’imagerie.
C’est aussi pour cette raison que la prise en charge d’une douleur chronique liée à l’endométriose peut nécessiter plusieurs approches complémentaires.
Des symptômes qui ne sont pas toujours uniquement gynécologiques
L’endométriose peut avoir des répercussions bien au-delà des périodes de règles.
Les troubles digestifs sont par exemple fréquents. Ils peuvent être directement liés à certaines localisations de l’endométriose, mais une personne atteinte peut également présenter parallèlement un syndrome de l’intestin irritable ou une autre pathologie digestive.
Des associations ont également été observées entre l’endométriose et différentes pathologies ou symptômes : migraine, fibromyalgie et autres douleurs chroniques, fatigue chronique, troubles anxieux ou dépressifs, cystite interstitielle, maladies inflammatoires intestinales ou certaines maladies auto-immunes, entre autres. On parle alors de comorbidités.
Cela ne signifie pas que l’endométriose provoque nécessairement ces maladies. Une association statistique n’est pas une relation de cause à effet. Elle rappelle en revanche l’intérêt d’un diagnostic précoce, d’une vision globale de la personne et, lorsque cela est nécessaire, d’une prise en charge pluridisciplinaire.
Comment diagnostique-t-on l’endométriose ?
Le diagnostic appartient au domaine médical.
Il repose tout d’abord sur un interrogatoire précis concernant les symptômes et leur évolution, associé à un examen clinique lorsqu’il est indiqué.
L’imagerie occupe ensuite une place importante. L’échographie pelvienne spécialisée, notamment par voie endovaginale lorsqu’elle est possible et acceptée, constitue un examen de première intention. Une IRM pelvienne peut être indiquée en seconde intention ou dans certaines situations particulières.
Il est important que ces examens soient réalisés et interprétés par des professionnels formés à l’endométriose.
Par ailleurs, une imagerie normale ne permet pas toujours d’exclure certaines formes, notamment superficielles. Un test salivaire peut alors être proposé chez les patientes - âgées de 18 à 43 ans - à l'imagerie normale ou équivoque, mais présentant des symptômes très évocateurs et invalidants de la maladie. Ce test doit être prescrit par un gynécologue ; il est ensuite réalisé à l'hôpital.
Quelle prise en charge ?
Il n’existe pas un traitement unique adapté à toutes les endométrioses.
Selon les symptômes, les lésions, leur retentissement sur la qualité de vie et l’existence ou non d’un désir de grossesse, la prise en charge médicale peut notamment comporter des traitements antalgiques, des traitements hormonaux et, dans certaines situations, une prise en charge chirurgicale.
Lorsque les douleurs deviennent chroniques ou que leurs conséquences sont importantes, d’autres professionnels peuvent intervenir en complément : kinésithérapeutes, professionnels de la douleur, psychologues, sexologues, professionnels de l’activité physique adaptée ou encore ostéopathes formés à l’accompagnement de ces patientes.
L’objectif est alors de ne pas considérer uniquement les lésions, mais aussi leur retentissement sur le quotidien, le mouvement, la sexualité, le sommeil, l’activité physique et plus largement la qualité de vie.
Quelle peut être la place de l’ostéopathie ?
Il est essentiel de le préciser : l’ostéopathie ne traite pas les lésions d’endométriose et ne remplace ni le diagnostic, ni le suivi, ni les traitements médicaux.
Elle peut en revanche être envisagée comme une approche complémentaire, notamment lorsque l’endométriose s’accompagne de douleurs et de tensions musculo-squelettiques ou lorsque la chronicité de la douleur a progressivement modifié la mobilité et la façon dont le corps est sollicité.
Une consultation d’ostéopathie peut ainsi s’intéresser, selon la situation de chaque patiente, aux différentes tensions et gênes fonctionnelles associées. Vous pouvez également découvrir dans quels cas consulter un ostéopathe et comment se déroule la prise en charge au cabinet.
L'objectif n'est donc pas de « faire disparaître l'endométriose » par des manipulations, mais de rechercher si certaines composantes mécaniques ou fonctionnelles associées peuvent être prises en charge afin de contribuer au confort et à la qualité de vie.
Les techniques utilisées doivent naturellement être adaptées à la sensibilité de chaque patiente, à son histoire médicale, aux éventuelles interventions chirurgicales et à l'intensité de ses symptômes.
L’ostéopathie s’inscrit dans un parcours de soins
Les données scientifiques concernant spécifiquement l’efficacité de l’ostéopathie dans l’endométriose restent encore limitées. Il convient donc de ne pas lui attribuer des effets qui ne sont pas démontrés.
En revanche, la prise en charge de l’endométriose évolue progressivement vers une approche davantage multidisciplinaire, notamment lorsque la douleur devient chronique.
L’ostéopathie peut ainsi trouver sa place parmi les approches complémentaires du parcours de soins, en collaboration avec les médecins, gynécologues, sages-femmes, kinésithérapeutes et autres professionnels impliqués. Pour mieux comprendre cette approche, vous pouvez également consulter notre page Qu'est-ce que l'ostéopathie ?
Cette complémentarité est particulièrement importante : une consultation ostéopathique ne doit jamais retarder une exploration médicale devant des symptômes évocateurs ou l’apparition de symptômes nouveaux.
Des douleurs de règles invalidantes ne doivent pas être banalisées
Pendant longtemps, de nombreuses femmes ont entendu que souffrir pendant les règles était « normal ».
Une gêne menstruelle peut exister. En revanche, une douleur qui empêche régulièrement de se lever, de travailler, d’aller en cours, de pratiquer une activité physique ou qui nécessite des antalgiques de façon répétée mérite d’être explorée. Parler de ses symptômes constitue déjà une première étape.
Une meilleure connaissance de l’endométriose, une orientation plus précoce et une coopération entre professionnels contribuerntà améliorer le parcours des personnes concernées et leur qualité de vie.
Pour aller plus loin
Des informations fiables et accessibles sont notamment disponibles auprès d’EndoFrance, association française de lutte contre l’endométriose, et du site gouvernemental Santé.fr.
En Occitanie, la filière régionale dédiée à l’endométriose Endoccitanie permet également de structurer le parcours de soins et de favoriser la coopération entre les différents professionnels impliqués.